Les 10 pratiques prometteuses

Dans le cadre d’un programme de bourses de la Fondation canadienne de la recherché sur les services de santé [Formation en utilisation de la recherche pour cadres qui exercent dans la santé (FORCES)], le Service de santé publique a effectué un examen et une analyse de la documentation concernant les pratiques pour réduire les iniquités sociales en matière de santé.

Les pratiques en question concernent le degré local de santé publique et sont « prometteuses » du point de vue de leur capacité à « égaliser les chances » et à réduire les iniquités en matière de santé.

Ce tableau représente les 10 pratiques prometteuses pour réduire les iniquités sociales en matière de santé. Elles peuvent être regroupées en trois sections : axées sur le mode de vie; axées sur les politiques et interdisciplinaires. Les pratiques sont les suivantes : 1. Ciblage dans un cadre d’universalité; 2. Action intersectorielle; 3.Évaluation d’impact sur la santé axée sur l’équité; 4. Marketing social; 5. Développement de la petite enfance; 6. Rapports ciblés; 7. Compétences et normes organisationnelles; 8. Apport à la base de données probantes; 9. Engagement communautaire; 10. Établissement de cibles pour l’équité en matière de santé.

1. Ciblage dans un cadre d’universalité

Chaque citoyen mérite d’avoir la possibilité d’être en santé et d’adopter des comportements sains. Ainsi, les programmes et services de promotion et de protection de la santé ont pour but de faire en sorte que chaque personne y ait accès. Des services conçus pour être accessibles à tous, de la même manière, constituent une approche universelle.

Cependant, les données probantes révèlent que les personnes qui profitent le plus des programmes et services « universels » de santé sont souvent celles qui disposent de plus d’argent, de temps, de soutien social, qui sont plus instruites et qui sont en meilleure santé au départ. Dans certains cas, les programmes universels risquent d’augmenter les iniquités en matière de santé, de telle sorte que la santé des personnes favorisées sur le plan social s’améliore davantage que celle des personnes démunies à cet égard. Dans leurs documents de discussion intitulés Levelling up, Dahlgren et Whitehead décrivent la nécessité d’améliorer disproportionnellement la santé des groupes plus défavorisés tout en améliorant celle de toute la population.1, 2

Le ciblage dans un cadre de programmation universelle peut être axé sur des populations prioritaires à l’intérieur d’une stratégie universelle. Par exemple, les interventions universelles peuvent être réglées afin d’augmenter l’accessibilité pour certains groupes, ou des stratégies précises peuvent être mises au point pour s’attacher à des iniquités dans les déterminants sociaux de la santé. Ce réglage précis des programmes augmente la probabilité que les personnes risquant plus d’être en mauvaise santé bénéficient des meilleurs services. Par conséquent, toute la population se trouve en meilleure santé, mais celle des groupes prioritaires s’améliore plus rapidement, ce qui réduit les iniquités à ce chapitre.

Exemple : Programmation du SSPSD pour la santé en milieu scolaire

L’équipe de promotion de la santé en milieu scolaire du SSPSD a adopté une nouvelle approche au travail avec les écoles de la région. En suivant les recommandations du programme de bourses de recherche FORCES, l’équipe a instauré un modèle de prestation « ciblé à l’intérieur d’une approche universelle ». Dahlgren et Whitehead1, 2 décrivent la nécessité d’améliorer disproportionnellement la santé des groupes plus défavorisés tout en améliorant celle de toute la population. En partenariat et en consultation avec les conseils scolaires locaux, certaines écoles font l’objet d’un ciblage intensif par des programmes adaptés de santé publique dépassant les programmes et services universels qui sont offerts à toutes les écoles. Cette programmation comprend le programme d’engagement jeunesse « Comment ça fil? ». Ce dernier procure aux élèves des occasions d’acquérir des compétences et de créer des liens favorables avec des camarades, le personnel de l’école, la famille et des organismes communautaires par des réseaux et des activités parascolaires. Il renforce la résilience des élèves en étant axé sur leurs forces et les ressources inhérentes.

Qu’est-ce qui m’aide à mettre en pratique le ciblage dans un cadre d’universalité?

Qu’est-ce qui rend le ciblage dans un cadre d’universalité difficile?

Références

1 Whitehead M, Dahlgren G. Concepts and principles for tackling social inequities in health: Levelling up part 1, Organisation mondiale de la Santé, 2006

2 Dahlgren G, Whitehead M. European strategies for tackling social inequalities in health: Levelling up part 2, University of Liverpool : WHO Collaborating Centre for Policy Research on Social Determinants of Health, 2006

Liens utiles

Concepts and Principles for Tackling Social Inequities in Health: Levelling Up Part 1, Margaret Whitehead et Göran Dahlgren, 2006

The Inequality Paradox: The Population Approach and Vulnerable Populations, Katherine L. Frolich and Louise Potvin, 2008

Comment ça fil? Ressources pour les programmes scolaires du Service de santé publique de Sudbury et du district

2. Rapports ciblés

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS), entre autres, souligne l’importance des rapports ciblés pour ce qui est du lien entre la santé et les iniquités sociales dans tous les rapports d’état de santé. Le document de l’OMS intitulé The Social Determinantsof Health : Developing an evidence base for political action met en évidence le lien entre le partage de sconnaissances sur les iniquités en matière de santé et l’action politique.3 De même, Combler le fossé enune generation4 signale que « reconnaître qu’il y aun problème et en mesurer l’ampleur . . . sont des étapes indispensables avant d’agir » (p. 2). Ainsi, la présentation intentionnelle et publique de données probantes sur les iniquités en matière de santé peut faire partie d’une large stratégie de changement.

Stratifier les données par statut socioéconomique(SSE) au lieu de vérifier l’effet du SSE, comme bon nombre d’analyses visent à faire, constitue une approche permettant de mettre en lumière les iniquités. Par la stratification, l’effet du revenu sur l’état de santé devient évident. Des analyses semblables auraient pu être entreprises pour les liens entre la santé et le chômage, l’exclusion sociale, l’éducation, la privation et d’autres variables.

Cette approche offre aussi comme avantage que les preuves de progression ou de manque peuvent être révélées et orienter les interventions futures, ce qui permet d’exposer, et non de masquer, l’effet des iniquités sociales en matière de santé.

Exemple : Recourir à un indice de privation pour faire état de résultats pour la santé communautaire

À l’aide d’un indice de privation établi par l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ),5 le Service de santé publique de Sudbury et du district analyse le rapport qui existe entre le degré de privation dans les quartiers du Grand Sudbury et plusieurs résultats pour la santé couramment signalés. L’indice de privation de l’INSPQ divise le statut socioéconomique en deux composantes, matérielle et sociale, qui forment les cotes de privation de zones géographiques données. Divulguer ainsi des données sur la santé a permis de faire ressortir que, parmi d’autres mesures de santé globale, les secteurs défavorisés présentaient des taux plus élevés de décès prématuré, d’hospitalisation et de visite au service des urgences.

Les indices de privation constituent un outil que les bureaux de santé peuvent utiliser pour examiner les liens entre le statut socioéconomique et les résultats pour la santé dans leurs collectivités. Dans le secteur du Service de santé publique de Sudbury et du district, la divulgation stratégique de cette information aux dirigeants communautaires et aux décideurs a donné lieu à un dialogue et une action destinée à s’attacher aux iniquités en matière de santé, dont deux projets pilotes d’évaluation d’effet sur la santé axée sur l’équité avec des organismes communautaires.

Qu’est-ce qui m’aide à mettre en pratique l’idée de rapports ciblés?

Qu’est-ce qui rend la production de rapports ciblés difficile?

Références

3 Kelly M, Morgan A, Bonnefoy J, Butt J, Bergman V. The social determinants of health: Developing an evidence base for political action. Measurement and Evidence Knowledge Network, Commission desdéterminants sociaux de la santé, OMS, octobre 2007.

4 Commission des déterminants sociaux de la santé, OMS. Combler le fossé en une génération :instaurer l’équité en santé en agissant sur les déterminants sociaux : rapport final de la Commissiondes déterminants sociaux de la santé, Genève : Organisation mondiale de la Santé, 2008.

5 Pampalon, R., Hamel, D., Gamache, P., Raymond, G. A deprivation index for health planning inCanada, Chronic Diseases 2009, 29(4) : 178-191.

Liens utiles

First Steps to Equity: Ideas and Strategies for Health Equity in Ontario, 2008-2010, Diane Patychuk et Daniela Seskar-Hencic, 2008

The Unequal City: Income and Health Inequalities in Toronto, Toronto Public Health, 2008

Ontario Public Health Standards, 2008 : Population Health Assessment and Surveillance Protocol 

Exploring Urban Environments and Inequalities in Health:Greater Sudbury Census Metropolitan Area, Institut canadiend’information sur la santé, 2010

3. Marketing social

Le marketing social est « l’application systématique du marketing en plus d’autres notions et techniques,pour obtenir l’adoption de comportements précis, pour le bien de la société ». (p. 451)6 Le marketing social exige de définir et de comprendre des publics cibles afin que les interventions et les communications sur la santé puissent être adaptées aux besoins et aux préférences de la population visée.

Dans le but de réduire les iniquités en matière de santé, les interventions par marketing social pour la pratique locale de la santé publique peuvent créer un changement social positif et améliorer la santé de populations vulnérables par deux approches. La première permet d’adapter les interventions de changement comportemental en fonction de populations démunies (dans le but de niveler par le haut). La seconde, moins traditionnelle, repose sur le marketing social pour modifier la compréhension et le comportement final des décideurs et du public afin qu’ils prennent ou appuient des mesures pour améliorer les déterminants sociaux des iniquités enmatière de santé.7

Exemple : Engageons une conversation sur la santé . . . (vidéo et guide de l’utilisateur)

Créée en juin 2011 par le Service de santé publique de Sudbury et du district (SSPSD), Engageons une conversation sur la santé . . . sans jamais parler de soins de santé est une vidéo de cinq minutes selon laquelle la santé est bien plus qu’une simple question d’accès aux soins médicaux. Avec le guide de l’utilisateur qui l’accompagne, la vidéo souligne que les chances d’être en santé varient d’une personne à l’autre, et qu’elles sont largement influencées par la situation économique et sociale. Elle décrit des mesures que divers secteurs extérieurs à la santé peuvent prendre et encourage chaque personne (enseignants, bâtisseurs, pères, infirmières, femmes d’affaires, élèves, politiciens) à engager une conversation sur la santé . . . sans jamais parler de soins de santé.

Tout le personnel du SSPSD a entamé des séances de discussion internes pour se faire lui-même une idée des outils et les comprendre, mais aussi pour trouver des moyens de les utiliser un peu partout dans nos collectivités. La vidéo a été largement partagée parmi les décideurs et les organismes communautaires et les groupes de citoyens et a donné lieu à des conversations et à la prise de mesures pour que les politiques publiques soient saines, et les iniquités en matière de santé, moindres. D’après la réaction du public et les évaluations qu’il a faites, la vidéo a été adaptée pour traduire la diversité des langues, des cultures et des niveaux d’alphabétisation qui composent notre collectivité.

Qu’est-ce qui m’aide à mettre en pratique le marketing social?

Qu’est-ce qui rend le marketing social difficile?

Références

6 Farr M, Wardlaw J, Jones C. Tackling health inequalities using geodemographics: A social marketing approach. International Journal of Market Research 2008; 50(4):449

7 Grier S, Bryant CA. Social marketing in public health. Annual Review of Public Health 2005; 26:319-39

Liens utiles

Community-Based Social Marketing: Fostering Sustainable Behavior

Engageons une conversation sur la santé . . . sans jamais parler de soins de santé, vidéo et guide de l’utilisateur, Service de santé publique de Sudbury et du district, 2011

4. Établissement de cibles pour l’équité en matière de santé

Comme l’entend le National Health Service (NHS),au Royaume-Uni, « les cibles représentent un moyen de s’assurer que les ressources et les efforts servent à s’attaquer aux iniquités en matière de santé de façon claire et mesurable ». (p. 9)8 Bien des pays ont intégré l’établissement de cibles dans le travail intersectoriel sur les iniquités sociales en matière de santé. Toutefois, comme le souligne l’OMS, la nature exacte des cibles semble importante, puisque certaines cibles pourront s’avérer plus favorables au progrès que d’autres.9

Bien que l’établissement de cibles ne soit pas universellement soutenu dans la documentation,il semble quelque peu prometteur s’il s’inscrit dans une stratégie destinée à réduire les iniquités en matière de santé, et il pourra jouer un rôle au niveau de la santé publique locale. Les exemples d’établissement de cibles portent à croire qu’il est important de concentrer ces cibles sur des domaines où la situation peut être corrigée, au lieu d’établir des cibles nobles, mais peut-être inatteignables. Établir des cibles dans le cadre d’un processus d’engagement communautaire permet de créer un lien avec d’autres aspects définis de la lutte aux iniquités en matière de santé.

Exemple : Établissement de priorités pour le Saskatoon Regional Intersectoral Committee

En 2008, la Saskatoon Health Region a publié le rapport Health Disparity in Saskatoon: Analysis to Intervention. Cet ouvrage mettait en lumière de dures iniquités en matière de santé que vivaient des résidents de Saskatoon et exposait une analyse du soutien communautaire à l’égard de politiques ou d’initiatives proposées pour réduire ces mêmes iniquités.

Influencé par ce rapport, le Saskatoon Regional Intersectoral Committee (SRIC) a fixé trois priorités pour son travail : un plan d’action communautaire pour réduire la pauvreté, pour le logement durable et pour l’emploid’ Autochtones. Ces domaines d’action prioritaires comprenaient la prise en compte de cibles précises comme « l’emploi d’Autochtones dans la population active devrait passer à 15 % des emplois à plein temps, à
15 % des postes de gestion et à 15 % des lieux de travail professionnels d’ici 10 ans ou 2017 ». (p. 23)10

Favorisant la responsabilité communautaire en ce qui touche ses priorités et ses cibles, il a recommandé également qu’il y ait des « parrains organisationnels pour chacune des options ou des initiatives qui verraient à ce que des mesures soient définies et prises ». (p. 20)10

Qu’est-ce qui m’aide à mettre en pratique l’établissement de cibles pour l’équité en matièrede santé?

Qu’est-ce qui rend l’établissement de cibles pourl’équité en matière de santé difficile?

Références

8 Bull J, Hamer L. Closing the gap: Setting local targets to reduce health inequalities, Health Development Agency, 2007

9 Agence de la santé publique du Canada, Organisation mondiale de la Santé. L’équité en santé grâce à l’action intersectorielle : analyse d’études de cas dans 18 pays, Canada : Organisation mondiale de la Santé, 2008

10 Saskatoon Regional Intersectoral Committee. Follow-up to policy or initiative options in the Health Disparity Report: Recommendations for action in our community – working document, Saskatoon Regional Intersectoral Committee, 2009

Liens utiles

From Poverty to Possibility . . . and Prosperity, Saskatoon Poverty Reduction Partnership, 2011

Healthy Lives, Healthy People: Improving Outcomes and Supporting Transparency, Department of Health, 2012

5. Évaluation d’impact sur la santé axée sur l’équité

L’évaluation d’impact sur la santé (ÉIS) est une méthode structurée pour évaluer les effets que des politiques et des pratiques proposées peuvent avoir sur la santé. L’ÉIS permet aux décideurs de souligner et de rehausser les éléments positifs d’une proposition, et de réduire au minimum les aspects qui risquent de donner des résultats négatifs pour la santé.11 Vu le large éventail de données probantes évalué, l’ÉIS constitue un moyen utile d’évaluer l’effet de propositions (touchant une politique ou une pratique précise) sur la population en général. Toutefois, elle est également reconnue comme un moyen prometteur de s’attacher aux déterminants économiques et sociaux sous-jacents de la santé et aux iniquités en matière de santé12 qui en découlent.

Distincte de l’ÉIS, une évaluation d’impact sur la santé axée sur l’équité (ÉISAÉ) comprend des questions comme : « Cette proposition est-elle susceptible d’influer sur ceux qui sont déjà défavorisés? Risque-t-elle d’imposer de nouveaux fardeaux à certains groupes sur le plan de lasanté? Est-il vraisemblable qu’elle modifie l’exposition aux facteurs de risque ou à des déterminants précis de la santé ou la répartition de ces facteurs ou déterminants (p. ex., les conditions de vie, l’accès aux services)? »12 En effectuant l’ÉIS en tenant compte de l’équité, il apparaît clairement que certains groupes profiteront plus que d’autres de presque chaque politique, qu’il y aura des gagnants et des perdants. Lorsqu’il s’agit de réduire les iniquités sociales en matière de santé, cet élément peut aider les décideurs à réduire au minimum les résultats négatifs pour la santé, à offrir d’autres avantages aux personnes concernées ou à s’assurer que celles-ci ne sont pas déjà défavorisées,13 ou à faire les trois. Par ailleurs, mieux faire connaître les déterminants des iniquités sociales en matière de santé aux décideurs et aux autres acteurs du milieu peut influencer les décisions stratégiques immédiates et à long terme.12,13 Enfin,une approche véritablement participative à la tenue d’ÉISAÉ peut renforcer la capacité des gens et des collectivités et favoriser la formation de réseaux sociaux entre divers citoyens.

Exemple : Le Community Door Working Group de Sudbury, l’idée d’un espace partagé

Le Community Door Working Group de Sudbury, dont font partie des représentants de services sociaux, de la santé mentale, du secteur commercial et de l’éducation, a sollicité l’appui du Service de santé publique de Sudbury et du district afin d’effectuer l’évaluation d’impact sur la santé axée sur l’équité d’une « idée de partage d’espace » au sein de la Ville du Grand Sudbury. Ce modèle réunirait divers fournisseurs de services à but non lucratif en un seul et même lieu pour qu’ils partagent les services, réduisent leurs coûts et offrent possiblement un meilleur service.

Plus de 50 acteurs communautaires divers ont donné leur point de vue sur les effets possibles du modèle d’espacepartagé. Ceci a permis de s’assurer que les besoins de tous nos citoyens étaient représentés et étudiés. Par ailleurs,l’exercice a amené le personnel du Service de santé publique à effectuer d’autres recherches et évaluations encollaboration avec le Community Door Working Group.Le rapport final sur l’ÉISAÉ incluait un résumé des effets possibles sur la santé les plus significatifs que les acteurscommunautaires ont découverts, un bref examen des données probantes concernant ces mêmes effets et desrecommandations au Community Door Working Group à mesure qu’il étudiera la mise en oeuvre du « modèle departage d’espace ».

Qu’est-ce qui m’aide à promouvoir et à effectuer une évaluation d’impact sur la santé axée sur l’équité?

Qu’est-ce qui rend les évaluation d’impact sur la santé axée sur l’équité difficiles?

Références

11 Taylor L, Quigley RJ. Health impact assessment: A review of reviews, Health Development Agency, octobre 2002

12 Taylor L, Gowman N, Quigley R. Addressing inequalities through health impact assessment, Health Development Agency, 2003

13 Kemm J. Health impact assessment and health in all policies, dans : M. Stahl, M. Wismar, E. Ollila, E.Lahtinen, K. Leppo, éditeurs, Health in all policies: Prospects and potentials, Finlande : ministère desAffaires sociales et de la Santé, Finlande, 2006

Liens utiles

Health Impact Assessment as a Tool to Reduce Health Inequalities, Centre de collaboration nationale sur les politiques publiques et la santé (CCNPPS), 2008

Évaluation d’impact sur la santé : fiche d’information, CCNPPS, 2009

Évaluation d’impact sur la santé : répertoire de ressources, CCNPPS, 2011

6. Compétences et normes organisationnelles

Les compétences et les normes organisationnelles guident notre pratique chaque jour. L’Agence de la santé publique du Canada14 a défini 36 compétences essentielles en santé publique, lesquelles englobent les connaissances, les attitudes et les aptitudes essentielles. Mais surtout, ces compétences ont été établies pour la pratique dans le contexte des valeurs de santé publique et comprennent l’équité, la justice sociale, la participation communautaire et les déterminants de la santé. En tant que telles, les compétences essentielles en santé publique forment une base solide pour le recrutement et le perfectionnement du personnel local affecté à la santé publique.

En tant qu’éléments de base pour créer une pratique efficace en santé publique, les normes organisationnelles servent de repères aux bureaux de santé. Elles permettent de promouvoir l’excellence au sein des organismes et d’établir les fondations afin que la prestation des programmes et services soit efficace.15 Grâce aux normes organisationnelles qui sont ancrées dans l’équité en santé, les services de santé publique peuvent se doter d’une main-d’oeuvre et prévoir des ressources pour classer le travail par ordre de priorité afin de réduire les iniquités sociales en matière de santé.

Exemple : Normes de santé publique de l’Ontario, 2008

Les efforts des bureaux de santé de l’Ontario sont guidés par les Normes de santé publique de l’Ontario, adoptées en 2008 (NSPO). Ces normes fournissent un cadre pour les activités de santé publique et exposent dans leurs grandes lignes les buts et les exigences précis que doivent respecter les conseils de santé locaux. Les NSPO comprennent des principes globaux comme « Les interventions en santé publique doivent reconnaître les iniquités existantes en santé et viser à les réduire. En plus d’examiner l’accessibilité de leurs programmes et services pour éliminer les obstacles (p. ex., les obstacles physiques, sociaux, géographiques, culturels ou économiques), les conseils de santé doivent analyser, planifier, fournir, gérer et évaluer les programmes afin de réduire les iniquités en santé tout en améliorant le plus possible la santé de l’ensemble de la population. » (p. 13)15 De plus, elles orientent précisément les bureaux de santé dans les domaines de la programmation et des services à l’égard des groupes prioritaires, de l’évaluation de la santé des populations, de la surveillance, de la recherche et de l’échange des connaissances.

Les normes de santé publique orientant les bureaux de santé pour qu’ils s’attachent aux déterminants sociaux de la santé guident les décisions que prennent les conseils de santé lorsqu’ils examinent la répartition des ressources et les capacités du personnel pour ce qui est de réduire les iniquités en matière de santé.

Qu’est-ce qui m’aide à promouvoir les compétences et les normes organisationnelles?

Qu’est-ce qui rend l’établissement de compétences et de normes organisationnelles difficile?

Références

14 Agence de la santé publique du Canada. Compétences essentielles en santé publique au Canada : version 1.0, Ottawa ON : Agence de la santé publique du Canada, 2008

15 Ministère de la Santé et des Soins de longue durée (2008). Normes de santé publique de l’Ontario 2008, Toronto : Imprimeur de la Reine pour l’Ontario.

Liens utiles

Compétences essentielles en santé publique au Canada, Agence de la santé publique du Canada, 2008

Normes de santé publique de l’Ontario, 2008

Sudbury & District Health Unit Strategic Plan: 2013-2017

7. Apport à la base de données probantes

Lorsque le personnel de santé publique doit préciser sa capacité à s’attacher aux iniquités en matière desanté, il en ressort souvent qu’il ne possède pas de « pratiques exemplaires » pour guider ses interventions. Le programme de bourses de recherche FORCES a vu le jour, en partie, pour combler ces besoins. Cependant, il a confirmé l’existence d’une lacune dans la base de données probantes en ce qui touche la pratique efficace qu’il faut adopter à l’échelle locale en santé publique pour réduire les iniquités sociales en matière de santé.

Les données probantes qui existent proviennent souvent de professionnels qui travaillent dans un cadre de prestation de services où la publication n’est pas une priorité. Les données probantes produites sont souvent préliminaires, à petite échelle et propres à un contexte précis. Par conséquent, les presses universitaires traditionnelles pourraient ne pas accepter de publier des données probantes fondées sur la pratique. La littérature grise (rapports et évaluations) représente une partie de la base de connaissances pour les interventions locales en santé publique, mais même elle ne donne pas un portrait global des connaissances issues de la pratique. Il est souvent difficile d’y avoir accès.

Il importe que les professionnels procèdent constamment à des évaluations d’interventions destinées à réduire les iniquités en matière de santé. Ce genre d’évaluations devrait clairement indiquer l’effet d’activités sur différentes populations. En outre, la base de connaissances croissante sur l’idée de s’attaquer aux iniquités sociales par l’action locale en santé publique peut être renforcée par la dissémination intentionnelle des connaissances. L’échange de connaissances peut se faire par des mécanismes traditionnels comme les revues et les rapports, ou par des communautés de pratique.

Exemple : Le Centre de collaboration nationale des déterminants de la santé

Le Centre de collaboration nationale des déterminants de la santé (CCNDS) se concentre sur les facteur séconomiques et sociaux qui influencent la santé des Canadiens. Il traduit l’information et les données probantes sur les déterminants sociaux de la santé et les partage avec les professionnels de la santé publique en première ligne, les responsables de l’élaboration des politiques et les chercheurs (les personnes qui ont besoin de ces renseignements pour prendre des décisions fondées sur des données probantes aux fins de la pratique, de la planification, des politiques et de la recherche).

Voici quels sont les objectifs du CCNDS :

Qu’est-ce qui m’aide à contribuer à la base de données probantes?

Qu’est-ce qui rend l’apport à la base de données probantes difficile?

Liens utiles

Bases de données d’initiatives pour l’équité en matière de santé :

Inequalities in Health System Performance and Social Determinants in Europe – Tools for Assessment and Information Sharing, Organisation mondiale de la Santé

European Portal for Action on Health Inequalities

The Prevention Institute

Health Equity & Social Justice Toolkit, National Association of County & City Health Officials, 2012

8. Développement de la petite enfance

Les expériences vécues pendant la petite enfance constituent les éléments de base du développement tout au long de la vie.16 De plus, comme ce sont les enfants les plus démunis qui obtiennent les gains les plus marqués, investir dans le développement de la petite enfance (DPE) est considéré comme un moyen puissant d’égaliser les chances.16

Les expériences vécues pendant la petite enfance influencent le développement physique, social, émotionnel et cognitif et celui du langage, ce qui, tout au long de la vie, influe sur l’apprentissage, la réussite scolaire, économique et sociale et la santé.16, 17, 18 Le DPE, les milieux favorables et les expériences de qualité pendant la petite enfance sont importants pour le développement positif de la personne et la santé. Les expériences vécues pendant la petite enfance doivent contribuer à donner des résultats positifs pour le développement, et donc la santé, par un certain nombre de voies, psychologiques,comportementales et physiques, notamment.19

Certaines des interventions spécifiques indiquées dans la documentation incluent : la prévention de l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation foetale, la promotion et le soutien de l’allaitement maternel, les visites à domicile et les pratiques parentales positives. Parmi les domaines d’intérêt particulier, sur le plan des politiques et des programmes, dont l’efficacité a été démontrée figurent la qualité du logement, les services de garde et l’apprentissage des jeunes enfants, la sécurité alimentaire, l’éducation sexuelle des jeunes et la consultation en la matière, la promotion de l’équité entre les zones rurales et urbaines et l’élimination de la pauvreté infantile.

Exemple : Programme de pratiques parentales positives Triple P des districts de Sudbury et de Manitoulin

Des partenaires communautaires d’un peu partout dans les districts de Sudbury et de Manitoulin ont adopté le programme de pratiques parentales positives Triple P comme ressource valable pour chaque parent. Des fournisseurs issus de la santé, de l’éducation et des services sociaux ont été formés pour aider les parents par des interventions allant de conseils par téléphone à des consultations en personne, en passant par du soutien au rôle de parent.

En collaborant afin de fournir aux parents de la région les ressources et le soutien dont ils ont besoin, les partenaires de Triple P s’efforcent de rehausser le développement de la petite enfance en :

Qu’est-ce qui m’aide à promouvoir un développement de la petite enfance positif?

Qu’est-ce qui rend la promotion d’un développement de la petite enfance positif difficile?

Références

16 CDSS. Combler le fossé en une génération : instaurer l’équité en santé en agissant sur les déterminants sociaux : rapport final de la Commission des déterminants sociaux de la santé, Genève : Organisation mondiale de la Santé, 20082.

17 Irwin L, Siddiqi A, Hertzman C. Early child development : A powerful equalizer, Commission des déterminants sociaux de la santé de l’Organisation mondiale de la Santé, juin 2007

18 Pascal CE. With our future in mind: Implementing early learning in Ontario, 2009

19 McCain MN, Mustard F. Inverser la véritable fuite des cerveaux : Étude sur la petite enfance : rapport final, Secrétariat à l’enfance de l’Ontario, 1999

Liens utiles

Early Child Development: A Powerful Equalizer, rapport final pour la Commission des déterminants sociaux de la santé de l’OMS, 2007

Childhood/Early Life Backgrounder, Unnatural Causes Health Equity Database, 2008

Video – “Brain Hero”, Centre on the Developing Child, Harvard University, 2011

9. Engagement communautaire

En tant que stratégie pour réduire les iniquités en matière de santé, l’engagement communautaire est le processus qui consiste à faire intervenir des acteurs communautaires dans l’élaboration et l’instauration de politiques, de programmeset de services. Dans Combler le fossé en une génération, l’Organisation mondiale de la Santé souligne la nécessité de « donner les moyens d’agirà tous les groupes de la société en les associant de façon équitable à la prise de décisions sur le fonctionnement de la société, concernant notamment la façon dont il influe sur l’équité en santé, et instaurer durablement un cadre de participation sociale à l’élaboration des politiques. »20

Collaborer avec les professionnels communautaires et les représentants des organismes constitue une approche à l’engagement. Cependant, établir des liens avec des populations cibles et des utilisateurs de services est également essentiel pour définir les forces et les difficultés d’une collectivité. Faire intervenir divers citoyens dans l’élaboration et l’instauration de politiques, de programmes et de services permet de renforcer la sensibilisation et les aptitudes des participants et d’augmenter la probabilité que les programmes soient appropriés et répondent aux besoins de la collectivité.

Exemple : Élaboration d’une stratégie de lutte contre les drogues dans le Grand Sudbury

L’élaboration et la mise en oeuvre constantes d’une stratégie pour réduire l’abus d’alcool ou d’autres drogues dans la Ville du Grand Sudbury ont nécessité l’apport de divers partenaires communautaires, y compris ceux dont la vie avait été influencée par cet abus.

Des partenaires des domaines de la prévention, de l’application de la loi, de la réduction des préjudices et du traitement et d’autres personnes dont le travail est influencé par d’autres qui abusaient d’alcool ou d’autres drogues (par exemple, des groupes confessionnels, la Société d’aide à l’enfance) ont été sollicités pour qu’ils partagent leurs connaissances, leurs rêves et leurs solutions aux problèmes d’abus à l’une des cinq rencontres prévues. Une personne qui se remettait d’un abus d’alcool ou d’autres drogues et un consommateur étaient sur place pour faire part de leurs idées à chacune de ces réunions.

Des réunions de suivi destinées à évaluer les effets positifs et négatifs des idées et des stratégies proposées ont eu lieu avec des consommateurs et des personnes qui en étaient à divers stades de dés intoxication, à des endroits qui leur convenaient et où ils se sentaient à l’aise. Ce processus d’engagement envers des fournisseurs et des utilisateurs de services communautaires a permis de valider et de renforcer la stratégie de lutte contre les drogues que le conseil municipal recommandait.

Qu’est-ce qui m’aide à mettre en pratique l’engagement communautaire?

Qu’est-ce qui rend l’engagement communautaire difficile?

Références

20 Commission des déterminants sociaux de la santé de l’OMS. Combler le fossé en une génération : instaurer l’équité en santé en agissant sur les déterminants sociaux : rapport final de la Commission des déterminants sociaux de la santé, Genève : Organisation mondiale de la Santé, 2008

Liens utiles

Building communities from the inside out: A path toward finding and mobilizing a community’s assets, John Kretzman et John McKnight, 1993, disponible au centre de ressources duService de santé publique de Sudbury et du district

The Community Tool Box, une ressource regroupant des lignes directrices et des outils pour le renforcement communautaire

Tamarack Institute for Community Engagement 

Health Canada Policy Toolkit for Public Involvement in Decision Making, 2000

Community Engagement and Communication, Module 5, The Health Planner’s Toolkit, Health System Intelligence Project, gouvernement de l’Ontario, 2006

10. Action intersectorielle

Une stratégie globale visant à promouvoir la santé comprend des soins de santé quand les personnes sont malades et s’attache aux causes sous-jacentes de la mauvaise santé là où elles vivent, travaillent, apprennent et jouent. Ces causes découlent, en partie, des actions sociales, économiques et politiques de divers secteurs communautaires, de tous les niveaux de gouvernement et de tout le milieu industriel. Des logements sûrs et abordables, l’accès à des parcs et à des activités de loisir, des soins de santé de qualité, l’éducation des jeunes enfants, des rues sécuritaires, le transport en commun et des occasions d’emploi valorisantes ne sont que quelques-uns des nombreux facteurs qui influencent les chances de santé et de bien-être d’une personne.

L’action intersectorielle est essentielle à la santé de tous, car bien des solutions aux iniquités sociales en matière de santé se trouvent en dehors du secteur de la santé. Il faudra créer des liens forts et durables entre le milieu de la santé publique et d’autres (comme l’éducation, les affaires municipales, le transport, l’environnement et les finances) pour que les mesures permettent de créer des collectivités saines et de réduire les iniquités sociales en matière de santé.

Exemple : La Marginalized Populations Coalition for Housing

La présence de moisissure, le mauvais entretien des lieux, le manque ou l’absence d’installations sanitaires et les infestations d’insectes sont des exemples de conditions de logement et de vie qui risquent d’exercer une influence négative sur la santé physique et mentale d’un résident. Ces dangers pour la santé se rapportent à bien des facteurs et s’y attacher exige que bon nombre de partenaires communautaires agissent.

À l’automne 2009, le Service de santé publique de Sudbury et du district a pris l’initiative de créer une coalition de plusieurs organismes pour apaiser les inquiétudes des résidents vulnérables ou marginalisés de nos localités concernant le logement. Des partenariats ont été prônés avec des acteurs communautaires, dont le Homelessness Network, des fournisseurs de services de santé mentale et de soins à domicile et la Ville du Grand Sudbury (y compris la conformité aux règlements, les services de construction, les services médicaux d’urgence, les services de police et d’incendie et la Société de logement du Grand Sudbury). Les membres de la coalition travaillent de concert afin d’échanger des connaissances et de l’expertise, servent de point de référence et effectuent des inspectionscon jointes au besoin. Ils se rencontrent régulièrement pour discuter de cas courants et pour trouver des solutions à des situations complexes. Plusieurs problèmes de logement qu’avaient des citoyens vulnérables de nos localités ont été réglés de manière positive et inventive.

Qu’est-ce qui m’aide à promouvoir l’action intersectorielle?

Qu’est-ce qui rend l’action intersectorielle difficile?

Liens utiles

L’équité en santé grâce à l’action intersectorielle : analyse d’études de cas dans 18 pays, Commission des déterminants sociaux de la santé de l’OMS, 2008

The Community Tool Box, une ressource regroupant des lignes directrices et des outils pour le renforcement communautaire

Tamarack Institute for Community Engagement


Dernière modification : 10 août 2016